Le Journal de Lou

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Archive pourLyon 2

Je m’appelle Lou, je suis apolitique et accessoirement…

Mon cours

… et accessoirement je suis pour une université un peu plus, comment dire, libre. Parce qu’il faut bien admettre qu’être obliger de passer pas un cordon (il paraît que c’est l’expression adéquate – mais un épais cordon alors) de policiers (CRS ou gendarmes, je n’ai pas vraiment fait attention), c’est tout sauf normal. C’est regrettable, désolant et même plus je pense qu’on en est arrivé à un point où c’est vraiment grave. C’est sûr, au moins maintenant on peut aller en cours, il y a du progrès, mais il faut voir dans quelles conditions. Personnellement, cela ne me pose aucun problème d’aller suivre mes enseignements pendant que mes « camarades » se font taper dessus dehors en chantant la Marseillaise ( ??) ou je ne sais quel slogan hostile à la police. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est bien fait, qu’ils l’ont bien cherché ou que je m’en fous complètement, mais presque. Je trouve dommage que certains étudiants finissent leur journée aux urgences ou en garde-à-vue, mais au fond, moi, je ne peux rien faire pour eux. Je ne me sens pas solidaire et si le but du blocage de ce matin était de s’attirer la sympathie des étudiants ou de jouer avec notre conscience en se faisant passer pour des martyrs ou des héros (et c’était le cas, n’est ce pas) c’est raté (en tout cas en ce qui me concerne). (C’est comme pour les charmants organisateurs de l’opération pudiquement baptisée « supermarché gratuit ». Il ne faut quand même pas exagérer. A qui vont-ils faire croire que c’est un complot pour permettre de vider les campus? Qu’on les a mis là exprès en leur disant de se servir, que tout était gratuit ? Ou alors c’est un coup des extraterrestres, pourquoi pas, tout est envisageable, ils sont là on ne le sait pas et… ils nous veulent du mal. Ils ont presque essayer de nous convaincre que c’était inadmissible de se faire arrêter pour vol : « En France, le pays des droits de l’homme, non mais vous vous rendez compte un peu ! »). Tout ça pour dire qu’ils pourront continuer à m’insulter autant qu’ils veulent, je continuerais à aller en cours sans avoir l’impression « d’avoir leur sang sur mes feuilles » (et en plus ils ont une âme de poète, si c’est pas beau la révolution). Ils veulent voir les « CRS hors des facs » mais moi ce qui m’arrangerais le plus, c’est qu’on mette les bloqueurs hors des facs. Et qu’on nous laisse bosser tranquille. Parce qu’il paraît que la majorité des personnes ne va pas à l’université pour avoir un diplôme (mais pour recevoir un enseignement, développer leur esprit critique… c’est ce qu’on a entendu pendant 3 semaines dans leur p***** d’AG de m**** - au passage, je ne m’étendrais pas sur la légitimité des AG, lieu de débat, de tolérance et de respect des divers opinions, nous sommes bien d’accord, hier le blocage a été voté sur les quais par 200 personnes à peine dans une salle où seule les grévistes avaient accès, et après on nous parle de l’Etat-policier qui est une menace pour la démocratie, venant de gens qui ne connaissent pas le sens de ce mot, ça me fait bien rire) mais bizarrement (et je suis certainement l’unique spécimen de toute l’espèce humaine dans ce cas) j’aimerais bien avoir mon semestre (et celui d’après et ainsi de suite, jusqu’à ce que je trouve un boulot). Alors on se demande vraiment qui emprisonne qui dans l’histoire. L’université n’est plus libre, mais qui est réellement responsable (les méchants policiers qui viennent casser la grève? Je ne suis pas sûre. Quand on voit de quelle manière les bloqueurs bafouent nos libertés et piétinent la démocratie depuis quelques semaines, on se dit que finalement, c’est le rôle des forces de l’ordre de protéger les citoyens et la liberté. C’est leur boulot et il y a forcément un moment où ils sont amené à le faire. Et il semblerait que ce moment soit arrivé à Lyon II). Je n’aurais jamais pu imaginer qu’un blocage puisse aller aussi loin. Pour moi, c’était juste un harmonieux empilement de table et de chaise devant l’entrée. Mais je me suis rendu compte que c’est beaucoup plus important que ça.

D’autre part, je rigole bien quand je vois les bloqueurs se plaindre d’être obliger de montrer sa carte étudiant pour rentrer dans l’université. Qu’est ce qu’ils nous demandaient, eux, quand nous tentions (parfois avec succès parce que si bloquer est la seule chose qu’ils savent faire, ils ne sont même pas foutu de le faire correctement) de passer leurs barrages filtrants ? Nos noms, notre année d’étude, parfois nos cartes étudiants (cherchez l’erreur…).

Et le pire. C’est tous ceux qui nous ont littéralement pris la tête pendant ces trois dernières semaines, qui nous ont sermonner pendant des heures sur l’université qu’on allait laisser à nos enfants (une université où les enseignement seront dicter par un méchant capitaliste chef d’entreprise, qui formera les étudiants à la chaîne selon ses besoins et j’en passe et des meilleures) et qui dès la reprise sont les premiers en cours et les premiers à critiquer le blocage, parce que maintenant il faut rattraper les cours manqués le soir jusqu’à 20h, le samedi (qui a dit que les étudiants n’étaient qu’une bande de fainéants ?). C’est con, c’est sûr, mais au final on est tous pénalisé à cause d’une minorité.

Voilà, j’ai presque tout dis mais je vais m’arrêter là parce que la suite risquerait d’être un peu triviale et ce n’est pas le but.

Et le blocage

continu. Ou pas. On verra bien le résultat du vote à bulletin secret organisé aujourd’hui, vote que les bloqueurs appellent à… boycotter comme c’est original. C’est fatiguant. En attendant, des cours et de nombreuses infos sont disponibles sur le site Quoi de neuf à la fac? (rien, c’est toujours là même chose depuis 15 jours).

De mieux en mieux

Non content de bloquer notre fac, voilà qu’un petit groupe d’individus (j’espère vraiment qu’il ne s’agit pas d’étudiants parce qu’il n’y aura rien de mieux pour discréter leur mouvement, remarque ça ne me gène pas beaucoup) n’a rien trouver de plus intelligent que d’aller pillier un supermarché (en blessant au passage le gerant et le gardien).  Là ça dépasse les bornes des limites. Et la présidence précise qu’elle condamne fermement ces agissements. Encore heureux, il ne manquerait plus qu’ils approuvent. C’est n’importe quoi. Ils essaient de justifier l’intervention des forces de l’ordres mais il ne faut quand même pas exagérer, il n’y a pas besoin de jusitification. Des gens qui volent et qui s’en prennent physiquement à d’autres personnes ce sont des criminels (tout au moins des délinquants) : c’est normal que la police intervienne et il faut arrêter de dire que c’était juste un pretexte. N’empêche c’est cool (c’est ironique), on n’est une nouvelle fois bloqué (juste quand ça commençait à évoluer un peu). Je trouve que c’est vraiment dégeulasse.