Le Journal de Lou

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Archive pour avril, 2009

De la démocratie et du chaos

Le vote à bulletin secret n’est pas anti-démocratique. Dire le contraire, c’est prendre les gens pour des cons. Et pourtant, on trouve encore des étudiants – ou pas – pour affirmer que seule l’AG est légitime, souveraine, démocratique et tutti quanti. Tout ça, c’est des conneries. On sait très bien qu’une décision favorable au blocage ne peut émaner que d’une AG dans la mesure où celle-ci est contrôlé par ceux qui sont favorables au blocage. Et que d’un vote à bulletin secret résulte inévitablement une opposition au blocage. Parce que la majorité des étudiants n’est pas favorable au blocage même si on veut nous faire croire le contraire.

Le vote à bulletin secret, c’est la démocratie. D’ailleurs, il ne vient à l’idée de personne (disons, de personne de raisonnable) de contester la légitimité des élections présidentielles ou parlementaires qui se déroulent en France à … bulletin secret. Tiens, comme c’est étrange. Les choses seraient sans doute différentes en cas de vote à main levée. Mais il n’est pas nécessaire d’argumenter des heures pour démontrer qu’un tel vote serait impossible. Alors maintenant, expliquez-moi comment on peut envisager de faire voter tous les (je ne sais pas combien on est alors disons 20 000) étudiants de Lyon 2 à main levée. On se rend bien compte, là encore, que ce n’est pas techniquement parlant envisageable. A moins de supposer, et c’est ce qui se passe, que tous les étudiants n’aient pas la possibilité de s’exprimer. Là, c’est sûr, on se retrouve avec des AG de mille étudiants et le vote à main levé peut se concevoir (même s’il suppose une certaine confiance dans la tribune, confiance que je ne lui accorde pas mais c’est un autre débat). Lorsqu’une minorité décide pour une majorité, on ne peut plus parler de démocratie. Et en pratique, on se rend compte que depuis six semaines, c’est comme cela que le choses se déroulent.

L’AG, ce n’est pas la démocratie. Les personnes cagoulées (à ce propos, il parait que le vote à main levée est démocratique puisqu’il permet à tout le monde d’assumer ses opinions, mais porter une cagoule ou un masque lors d’une manifestation est-ce assumer ses opinions?) qui empêchent un vote de se tenir, ce n’est pas non plus la démocratie. C’est le chaos, l’anarchie, le n’importe quoi. Et le chaos n’a pas sa place dans l’université.

Moi ça me fait bien marrer (enfin, à cette période de l’année, c’est surtout façon de parler), mais si le blocage était réellement majoritairement décidé en AG, alors un petit vote à bulletin secret ne ferait que renforcer sa légitimité. Or les bloqueurs ont cherché à en empêcher le bon déroulement parce qu’ils savaient pertinnement que son résultat ne serait pas favorable à leur (quand on parle de division des étudiants) mouvement. Si le résultat est un rejet du blocage, c’est que la majorité des étudiants y sont opposés.

Mais bon, on sait très bien qu’un blocage, même contraire à la volonté d’une grande majorité, est légitime. Il parait que c’est ça la démocratie.

L’OL laisse s’envoler encore un peu ses chances de titre

L’OL avait l’occasion de refaire un peu son retard sur l’OM, ou tout au moins de ne pas le laisser prendre de l’ampleur. Occasion manquée. Peu aidé par l’arbitrage (l’OL aurait encore du bénéficier d’un pénalty, on n’est pas pas parano, on sait que ce n’est pas une conspiration, mais c’est juste un fait, deux fois en deux match contre deux adversaires directs, disons que ça fait beaucoup), l’OL n’a pas réussi à s’imposer. Les espoirs d’un huitième titre consécutif s’éloignent un petit peu. Mais qu’importe, il ne faut pas se démobiliser. Il faut penser à l’année prochaine, à la Champions League. C’est le plus important. Le titre ne sera que du bonus. Ce qu’à fait l’OL ces sept dernières années était fantastique. Il ne faut pas tout abandonner maintenant. On est toujours derrière l’OL pour que les joueurs donnent leur maximum.

De la légitimité de l’AG et du blocage

Pendant que je suis dans ma phase défouloire, je vais évoquer un sujet qui me tiens à coeur et qui semble laisser perplexe les bloqueurs avec qui je discute (et oui, je suis une grande optimiste dans la vie, mais quoi qu’on en dise, même si ces discussions s’avèrent souvent inutiles au regard de l’évolution de la situation, elles sont très souvent intéressantes, au moins en ce qui me concerne). Personnellement, je conteste la légitimité de l’AG. C’est mon point de vue, je le défends, et je pense que les évènements de ces dernières semaines ne peuvent que le confirmer. Lorsqu’on voit que les décisions sont prises suite à un vote à main levée où le décompte est effectué à vue d’oeil, en cinq secondes, et que dans l’hyopthèse où le résultat du vote ne convient pas à la tribune, celle-ci se permet de reposer la question, encore et encore, jusqu’à ce que les participants, excédés, cessent de voter et qu’une décision favorable à ses attentes émane enfin de l’assemblé, on peut légitimement se permettre de douter du caractère démocratique de l’AG. De plus, l’AG n’a de générale que le nom. Il faut bien comprendre que le blocage est décidé à la majorité (et même quelque fois à l’absence de majorité) des quelques mille étudiants présents, ce qui grosso modo nous fait un total de cinq cent bloqueurs. Pour éviter toute contestation sur ce point qui n’est pas fondamental, nous allons revoir ce chiffre à la hausse (pratique somme toute courante dans les AG), alors partons du principe qu’il y aurait mille bloqueurs (et là, je pense que je vois très large). Honnêtement , j’ai du mal à comprendre en quoi mille personnes seraient légitimes à empêcher les quatre milles autres d’aller en cours. Il n’y a même pas la moitié des étudiants du campus en AG ce qui fait que le blocage n’est pas adopté à la majorité (il n’y a même pas un cinquième des étudiants, c’est n’importe quoi) à moins bien sûr qu’un blocage puisse être décidé à une majorité déqualifiée (nouveau concept) des un dixièmes ce qui aurait au moins le mérite d’être innovant.

Ceci étant dit, et même si je suis un peu partie en live sur les deux dernières lignes, exaspération oblige, ce que je viens de préciser n’était pas le point essentiel de mon arguementation. Comme je l’ai déjà dit, et la grande majorité des bloqueurs sont d’accord avec moi sur ce point le blocage est illégal. Je pense que l’AG est illégitime et non souveraine mais quand bien même elle le serait, la légitimité de l’organe ne s’étend pas à ces actes. En d’autres termes, un organe même légitime peut prendre des décisions illégales, et cette illégalité, en tant que telle doit être sanctionnée. Je vais prendre un petit exemple pour illustrer ceci. Nous avans en France un Parlement qui me parait (mais je peux me tromper) tout ce qu’il y a de plus légitime. Et pourtant, il arrive que les lois qu’il adopte soient censurées en raison de leur inconstitutionnalité. J’ai appris, mais il parait que ce qu’on apprend à la fac ne sert à rien dans la vie et qu’il est préférable de faire la révolution au lieu d’aller en cours, que ceci était la base d’un état de droit et partant de toute société qui se veut démocratique. Transposons ce raisonnement dans le cadre de l’université. Même si l’AG était légitime cela n’impliquerait pas pour autant la légalité et la légitimité du blocage. Or, il est évident, et je l’ai déjà démontrer que le blocage en soi est illégal car attentatoire à un certain nombre de liberté. Fin de la discussion, laissez-moi aller en cours.

Je suis toujours apolitique et c’est toujours la merde

Les semaines se suivent et malheureusement se ressemblent. Après un nouveau simulacre de démocratie, le blocage a été reconduit à une majorité écrasante, les anti-bloqueurs, désabusés, ayant décidé, après une nouvelle démonstration du caractère démocratique des votes, de boycotté l’AG pourtant “légitime” et “souveraine”. Quand on voit qu’une question est soumise au vote de l’assemblée à plusieurs reprises, jusqu’à ce que le point abordé soit adopté, on se rend bien compte qu’il n’y aucune illusion à ce faire. On ne débloquera pas le campus en allant aux AG. Il est inutile de participer à de telles mascarades où notre avis n’est pas pris en compte.

L’OL perd de précieux points

La défaite à Brodeaux est un coup dur pour l’OL qui a portant réalisé une prestation satisfaisante mais insuffisante. Il est vrai que Lyon n’a pas été aidé par les décisions arbitrales et les lyonnais auraient du bénéficier d’un pénalty pour une faute sur Ederson voire d’un second sur un coup franc de Juninho (plus discutable). Après, on peut nous traiter de mauvais joueurs et nous reprocher de faire peser nos défaites sur les épaules des autres, les faits sont là, indéniables. La tournure des évènements auraient sans doute été différente. Maintenant, rien n’est perdu, il faut encore y croire, et tant qu’il y a de l’espoire, je pense que l’on croira en ce titre.

L’OL n’est plus premier…

… j’ai envie de dire dommage, et alors? Le titre n’est pas perdu pour autant. L’OL est tombé hier sur une très belle équipe de Monaco (ça nous aurait arrangé qu’ils fassent le même match que contre Bordeaux mais on a l’habitude de jouer contre des équipes motivées…). L’adversité fait aussi partie du sport. On fera les comptes à la fin de la saison. Si l’OL est champion, on dira que c’est un beau titre, acquis dans la douleur. Sinon, ce sera surement qu’une autre équipe le méritait plus. Il reste encore sept journées. L’OL a toutes les cartes en main. L’OL peut le faire. Point négatif de la rencontre, avec un nombre assez important d’occasion et un tir sur le poteau l’OL a cruellement manqué de réussite. Points positifs, les joueurs ont démontrés des ressources mentales importantes et Fred Piquionne a retrouvé le chemin des filets d’une fort jolie manière

Je m’appelle Lou, je suis apolitique et je voudrais dire que c’est la merde…

Après une semaine de répit, le blocage a repris ses droits. Depuis le début du mouvement, je ne m’étais pas encore exprimée sur le sujet. En parler ne fera pas évoluer la situation, mais aura au moins le mérite de me défouler. Pourquoi suis-je contre le blocage ? J’estime que l’université est un lieu d’enseignement avant d’être un pôle de contestation et qu’en conséquence, s’il faut choisir entre aller en cours et faire la révolution, les deux activités ne pouvant apparemment pas être menée de front, les études doivent primer. Après, il ne s’agit que d’un point de vue personnel et il apparait à la lumière des évènements de ces dernières semaines que l’enseignement universitaire n’est qu’une grosse blague, une activité annexe et complètement inutile que l’on peut se permettre de mettre entre parenthèse lorsque l’on trouve une façon plus intéressante d’occuper ses journées. Il me semble donc que le blocage discrédite l’université plus qu’il ne la défend. De plus, dans un contexte où les universités sont placées en concurrence les unes par rapport aux autres, le blocage ne fait qu’accentuer les différences et favoriser les universités dans lesquelles les conditions de travail sont normales. Laisser croire aux étudiants qu’un mois de blocage sera sans incidence sur la valeur de leur diplôme est à mon sens totalement absurde. On se rend bien compte que la crédibilité de la formation est atteinte dès lors qu’une grande partie des enseignements n’ont pu avoir lieu.

Ceci étant dis, j’aimerais avancer un argument bien souvent oublié mais qui me semble primordial. Le blocage me parait un petit peu illégal (un petit peu seulement). Alors, apparemment, cette  illégalité ne gène personne, l’université s’apparentant à une zone de non droit, mais à mon avis quand j’ai dis ça, j’ai tout dis. Le blocage est illégal, il n’a pas lieu d’être, il doit cesser. Point. Il n’y a rien d’autre à ajouter. Je ne suis pas intolérante. Je ne suis pas bornée. Je pense juste qu’il n’y a rien à discuter. ON NE PEUT PAS NEGOCIER.

Partant de là, tout débat sur l’absence de légitimité ou de souveraineté de l’AG ou sur l’inefficacité du blocage n’a pas lieu d’être. Je vais quand même aborder un point intéressant. Une grande majorité des bloqueurs estiment que le bien-fondé de leur action repose sur l’exercice du droit de grève, qui est un droit constitutionnellement reconnu. Certes, je suis d’accord avec la seconde partie. Toutefois,  j’avais cru comprendre que la valeur constitutionnelle du droit de grève tient à l’alinéa 7 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 qui précise que « le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ». Or si ce raisonnement est exact, les lois en question reconnaissent ce droit au bénéfice des personnes relevant du code du travail et de celle dont le statut est régit pas le code de la fonction public. Je peux me tromper mais les étudiants ne paraissent pas avoir été visés par ces dispositions (il est vrai que ce que dit la loi ne semble pas avoir beaucoup d’importance). Je suis désolée, mais une bonne partie de l’argumentaire des bloqueurs reposent sur l’exercice d’un droit qu’ils n’ont pas.

L’OL fait plaisir à voir

L’OL retrouve la confiance avec cette victoire au Mans. Réalistes, les lyonnais se sont imposé 3 buts à 1 grâce notamment à un doublé de Karim Benzema. Auteur d’un premier but somptueux, l’attaquent lyonnais retrouve le chemin des filets ce qui est de bonne augure avant le sprint final auquel devront se livrer les joueurs de l’OL.